Vente des actifs d’ExxonMobil Tchad : la PDG d’Esso Tchad Carol J. Gall lance l’opération d’intimidation aux employésVente des actifs d’ExxonMobil Tchad : la PDG d’Esso Tchad Carol J. Gall lance l’opération d’intimidation aux employés

User icon Par SABRE NA-IDEYAM

Pour avoir occupé la piste d’atterrissage de l’aéroport de Komé 5, trois des employés d’Esso Tchad, ont été convoqués à N’Djaména, par la PDG de la major américaine, Carole J. Gall. Alors que c’est une opération commune de tous les employés, cette dernière trouve un moyen d’intimider les autres employés afin de pouvoir laisser libre champ à la délégation de Savannah Energy de visiter les installations pétrolières de Komé pour une éventuelle transaction entre les deux opérateurs.

Carole J. GAll, Présidente – Directrice Générale d’Esso Tchad. Ph/DR

La Présidente – Directrice Générale (PDG) d’Esso Tchad, Carol J. Gall tente d’intimider les employés de la major américaine, qui s’opposent à la visite des sites par la délégation de Savannah Energy. Dans des correspondances adressées, en date du 26 septembre 2021, à trois des employés sur le site de Komé, la PDG convoquent ces derniers à un “entretien préalable à la sanction disciplinaire pouvant aller jusqu’au licenciement”, peut-on lire en objet de la lettre. Selon Carole J. Gall, le 22 septembre 2021, ces derniers ont quitté leurs postes de travail et avaient tenté d’empêcher la venue et le déploiement de prestataires de services de la société sur le site de Komé en bloquant leur moyen de transport sur la voie publique à proximité de “Komé Base” au moyen d’un véhicule appartenant à Esso Tchad. Et de poursuivre que “cet acte malveillant avait pour objectif d’empêcher l’accès au site de Komé de ces prestataires de services et il a perturbé le bon déroulement des opérations de la société”. Dans sa logique de poursuivre la visite du site des installations d’Esso Tchad par la délégation de Savannah Energy, afin que la transaction de la vente des actifs d’ExxonMobil Tchad ait lieu, elle menace de licencier les trois employés qu’elle considère comme “fauteurs de troubles” et cela, comme signe d’avertissement aux autres employés. Et elle menace dans sa correspondance : “Compte tenu de la gravité de vos agissements, nous vous avons notifié une mise à pied conservatoire ce jour (Ndlr, le 26 septembre 2021). Votre comportement peut constituer une faute grave passible de sanction disciplinaire pouvant aller jusqu’au licenciement”, peut-on lire dans sa correspondance.

Les tractations se font autour de la “sanction disciplinaire

Ainsi, les trois employés ont été convoqués le 29 septembre 2021, pour leurs entretiens au siège d’Esso Tchad à N’Djaména à 12h30, préalable à la sanction. Mais l’entretien n’a pas finalement pas eu lieu car tous les employés ont répondu en masse à la convocation en lieu et place de la convocation individuelle pour les trois mais assistée par un autre employé de leur choix. Nos sources nous informent que leurs comptes ont été désactivés (plus d’accès au bureau et aux mails). Et la PDG, Carole J. Gall, elle, s’est repliée à la maison depuis le jour de la transmission des correspondances avant d’intégrer son bureau aujourd’hui jeudi 30 septembre pour avoir perdu le contrôle de tout le personnel.

Ce qui c’était réellement passé à Komé 5 le 22 septembre 2021

Alors que les discussions avec les employés d’Esso Tchad est presqu’au point mort, le directeur des opérations, Yannick Le Bloa et le vice-président technique, Christophe Ribeiro, de Savannah Energy, désireuse d’acquérir les actifs tchadiens d’ExxonMobil, avec qui elle est en négociations, voulaient descendre sur le terrain à Komé afin de visiter les installations  pour une éventuelle confirmation de la transaction. Malheureusement, et ayant appris les manœuvres de la major américaine, les employés de N’Djaména et ceux du terrain à Komé se sont virulemment opposés, car les conditions de la cession n’était pas clarifiées pour eux. Ainsi, les employés sur site ont vite occupés la piste d’atterrissage de l’aéroport de Komé 5 pour empêcher la délégation de Savannah Energy d’atterrir, car, faut le rappeler, si la visite a lieu, la transaction elle aussi pourrait se faire et les presque 300 employés nationaux n’auront plus un moyen de pression pour leurs revendications. C’est cet acte que la Présidente – Directrice Générale d’Esso Tchad, Carole J. Gall n’a pas apprécié et ce qui a valu les correspondances aux trois employés. Mais le personnel n’entend pas laisser les négociations entre les deux opérateurs se dérouler tant que la question de leur sort n’aura pas été réglée.

Sabre Na-ideyam