Tribune : Nos ambitions et nos égo ne doivent pas être au-dessus de la vie des tchadiensTribune : Nos ambitions et nos égo ne doivent pas être au-dessus de la vie des tchadiens

User icon Par Ahmat Moussa Adoum

Depuis 1962, le Tchad, pays de Toumaï, berceau de l’humanité, n’a pas eu la paix. Son histoire est marquée par des incessantes guerres civiles fratricides, des Coups d’états et des rebellions cycliques.

Des milliers de personnes sont mortes de suites de ces guerres laissant des familles dans la désolation, le chagrin et beaucoup sont contraints de vivre les restes de leurs jours avec un handicap. Très triste!

Les séquelles de ces différentes guerres dont les origines sont souvent la mauvaise gouvernance et l’injustice sociale ont rendu les tchadiens très méfiants vis-à-vis des gouvernants. Ils vivent avec la peur au ventre et c’est bien normal. Car selon un adage, “celui qui a été mordu une fois par un serpent a peur de la corde”. Pourtant les tchadiens ont vécu dans la guerre.

Beaucoup de tchadiens et d’étrangers ont prédit le chaos pour le Tchad après Idriss Deby ITNO qui a conduit la destinée du pays pendant plus de 30 années. Son règne était marqué des hauts et des bas.

Il était presque «immortel» pour plusieurs tchadiens tellement qu’il était présent et certains jeunes n’ont pas connu d’autres Chef d’Etat. A la surprise de la quasi-totalité de tchadiens, un groupe de militaires apparaît à la télévision en avril 2021 et annonce la mort du Maréchal du Tchad Idriss Deby ITNO. Va-t-on s’attendre à une guerre civile ? Et les vieux souvenirs se sont subitement réveillés. La peur, l’appréhension et l’incertitude ont gagné les tchadiens. Certains ont traversé les frontières et d’autres s’en sont confiés à l’Eternel. Mais contre toute attente, les tchadiens ont fait preuve de maturité. Le CMT mis en place a su tant bien que mal gérer la situation.

Le fils qui a succédé à son père si bien qu’il soit contesté par beaucoup, a tendu la main aux exilés et aux activistes, dont certains étaient de plus virulents contre la gestion de l’ancien régime, pour une réconciliation nationale. Certains ont regagné le bercail et des discussions se sont ouvertes à Doha avec les politico-militaires pour la signature d’un accord de paix pour leur participation au Dialogue National Inclusif.

Après plus de 5 mois de discussions, certains politico-militaires ont signé l’accord de paix leur permettant de participer au Dialogue National Inclusif prévu pour le 20 août prochain. Mais d’autres groupes ont refusé de parapher le document prétextant que toutes leurs revendications ne sont pas prises en compte.

Pour beaucoup de tchadiens, le Dialogue en vue est un signe d’espoir même si d’autres doutent de sa sincérité. Osons croire qu’un autre Tchad est possible et tout découle de la volonté de ses filles et fils.

Faut-il le rappeler, il y’a un moment pour se battre et un autre pour faire la paix dans le respect de nos différences. Nos ambitions et nos égo ne doivent pas être au-dessus de la vie des millions de tchadiens.

Mahamat Idriss Deby ITNO a donné beaucoup de gage de sa bonne volonté et pourra encore surprendre les tchadiens. A lui d’écrire l’une des pages la plus glorieuse de l’histoire de sa génération en ouvrant grandement les yeux pour ne pas se laisser par certaines manipulations de quelques groupes de personnes qui défendent plus leurs ambitions personnelles que l’intérêt supérieur de la Nation.

En attendant avec la main au cœur, nous ne pourrons que souhaiter le meilleur pour notre pays. Le Tchad est éternel !

Ahmat Adoum Moussa