Tribune : Les cliniques et les hôpitaux, un endroit de sauvetage ou un passage vers les cimetières ?Tribune : Les cliniques et les hôpitaux, un endroit de sauvetage ou un passage vers les cimetières ?

User icon Par Ahmat Moussa Adoum

Au Tchad, le nombre des cliniques privées et les hopitaux ne cessent d’accroitre et ils sont nombreux même s’ils n’apportent pas tous des solutions aux tchadiens.

Des individus sans foi ni crainte de Dieu se font de l’argent dans ce secteur au prix fort sur les dos des innocents.

Chacun décide comme bon lui semble et improvise dans sa cour une clinique sans aucune norme sanitaire, fait appel à quelques membres de sa famille qui n’ont aucune connaissance dans le domaine de la santé.

La vie est une école dit-on et tout s’apprend mais ici, ils apprennent en faisant pleurer des familles. N’est-ce pas que le malheur des uns fait le bonheur des autres ?

Et nous sommes les premiers à se rendre à l’église le dimanche ou occuper les premières rangées dans les mosquées chaque vendredi pour prier Dieu qui a lui-même déclaré que l’être humain est sacré et lui ôter la vie est un péché impardonnable.
Plusieurs familles perdent au quotidien les leurs suite aux bêtises des personnels soignants dans les différentes cliniques privées ou les hôpitaux publics.

« Je ne veux rien prendre comme médicament, laissez-moi pleurer s’il vous plait », réagit une mère désespérée qui a vu mourir son fils sous son regard impuissant, alors qu’il s’est rendu lui-même dans cette clinique pour retourner dans un brancard, parti à jamais sans rempart laissant cette mère triste au cœur rempli de chagrins, dans le désespoir.

« Le défunt souffrait tout simplement du palu, il a été mis sous sérum glucosé alors qu’on ne le savait pas diabétique. Ce qui l’a plongé dans le coma pendant trois (3) jours avant qu’il ne nous quitte à jamais », en témoigne un membre de sa famille en soupirant.

Et que dire de la situation des femmes qui meurent en donnant la vie ? Accouchement est devenu presqu’un assassinat dans nos cliniques et hôpitaux.

Certaines sages-femmes dans le souci d’impressionner les maris qui attendent impatiemment l’arrivée des nouveaux-nés afin d’avoir comme cadeau quelques billets de banques, conduisent des pauvres mamans aux cimetières.

Elles injectent celles-ci avec certains sérums qui bousculent le temps d’accouchement. L’enfant arrive avec une forte pression déchirant parfois la vessie des pauvres dames et le saignement abusif est la source de la mort de plusieurs femmes.

Pourtant beaucoup de spécialistes le savent mais demeurent impuissants. Il est temps que nos plus hautes autorités prennent leurs responsabilités et que les tchadiens sortent des raisonnements qui consiste à accuser Dieu dans chaque situation en exigeant l’ouverture des enquêtes lorsque de telles situations interviennent.

C’est à ce prix seulement qu’on pourra améliorer notre système sanitaire totalement défaillant et c’est possible avec un peu de prise de conscience.

J’ai moi la faiblesse d’y croire !

Ahmat Adoum Moussa