Tribune : Le Dialogue National et Souverain ne doit pas être un autre déniTribune : Le Dialogue National et Souverain ne doit pas être un autre déni

User icon Par Ahmat Moussa Adoum

Le Général Mahamat Idriss Deby ITNO, le Président du Conseil Militaire de Transition, a ouvert le 20 aout 2022 au Palais des Arts et de la culture, les assises du Dialogue National Inclusif et Souverain(DNIS). Cette grande messe est la deuxième après la Conférence Nationale Souveraine de 1993.

Presque trente(30) ans après, les Tchadiens se retrouvent dans la même salle pour un dialogue censé les réconcilier afin de bâtir un Tchad nouveau.

Sera-t-il le dernier grand rendez-vous national de l’histoire pour mettre tous les Tchadiens d’accord sur l’essentiel: la construction de leur pays? Tombalbaye aurait dit qu’après lui, il y a aura le déluge et c’est le 6ème Tchadien qui va s’asseoir sur le fauteuil présidentiel qui réconciliera les Tchadiens. Une prophétie qui tient sa macabre route pour l’instant.

Depuis Tombalbaye à nos jours, le Tchad n’a connu que des cycles de violences et la déstructuration du tissu social. L’oncle Tom a-t-il vu juste ? Sa prophétie va-t-elle se réaliser ?
Ce Dialogue National Inclusif et Souverain sera-t-il la fin d’une ère marquée par des déchirures , des guerres fratricides, des violences, de mauvaise gouvernance, de la corruption et bien d’autres maux qui ont retardé le décollage socio-économique du pays ?

Faut-il le rappeler, la refondation du Tchad passe nécessairement par la mise de côté des égo, des ambitions personnelles et de l’exclusion. Il faut surtout attaquer aux sources les problèmes du Tchad pour lui appliquer la thérapie nécessaire.

La haine et le repli identitaire sont ancrés dans nos sociétés et mettent à mal, le vivre-ensemble et la cohésion nationale. Ils trouvent leur racines dans la mal gouvernance et l’injustice sociale.

Longtemps, certains pensent et croient que c’est la France qui est la cause de notre retard. Même si c’est le cas, c’est nous qui sommes les principaux valets qui cautionnaient cela. En s’unissant sans hypocrisie et ayant pour seul objectif le devenir de notre pays, aucune puissance ne pourra nous imposer sa volonté. Le Rwanda est un exemple édifiant.

Que les gouvernants et le peuple parlent le même langage afin de donner au Tchad la chance de devenir la locomotive de l’Afrique Centrale et pourquoi pas du continent. Pour parvenir à cela, les conclusions du DNIS doivent être à la hauteur des attentes, suivies et appliquées à la lettre.

Un autre Tchad est donc possible, seulement à un seul prix, celui d’un Dialogue sincère où toutes les tares qui se métastasent depuis les premières heures de l’indépendance et qui ont impacté toute l’administration et les comportements des citoyens doivent être débattues, analysées et passées au crible. Aucun sujet ne doit être tabou comme l’a si bien dit le PCMT à l’ouverture du DNIS.

Tout découlera de la volonté des fils et filles du Tchad pour dessiner le nouveau schéma d’un pays enfin réconcilié avec lui-même.

À voir ce qui se passe, pour l’instant, j’ai moi la faiblesse de croire que la refondation du Tchad est en marche .

Ahmat Adoum Moussa