Taxe spécifique de 100 FCFA sur les produits du tabac: une préoccupation majeure de l’ADCTaxe spécifique de 100 FCFA sur les produits du tabac: une préoccupation majeure de l’ADC

User icon Par SABRE NA-IDEYAM

L’Association pour la Défense des Droits des Consommateurs (ADC) a organisé une rencontre d’échanges sur la mise en œuvre de la taxe spécifique sur les produits du tabac instituée par la loi des finances 2019.


Cette rencontre qui a rassemblé les responsables de l’ADC, des ministères de la Santé publique, des Finances et du Budget et du Commerce mais aussi les membres du comité de lutte contre le tabagisme a pour objectif principal de faire une évaluation sur l’effectivité de la mise en œuvre de l’institution de la taxe de 100f sur chaque paquet de cigarette fabriqué ou importé et vendu au Tchad et dont le produit est destiné à financer la couverture sanitaire .
Il est important de rappeler que le tabac est une cause majeure de décès, de maladies et d’appauvrissement dans le Monde. En effet, selon l’OMS, l’épidémie de tabagisme est l’une des plus graves menaces ayant jamais pesé sur la santé publique mondiale. A son actif, plus de huit (8) millions de décès par an dans le monde et des coûts économiques considérables.
Parmi les mesures phares et efficaces de lutte contre le tabac préconisées par l’Organisation Mondiale pour la Santé (OMS), figure la taxation des ‘produits du tabac. Selon l’OMS, les taxes sur les produits du tabac doivent représenter les deux tiers du prix de vente des produits du tabac.
Pour faire face à cette épidémie du tabagisme, le Tchad s’est inscrit dans la dynamique mondiale de la lutte antitabac par la ratification de la Convention de Cadre de l’OMS pour la lutte Antitabac et l’adoption de plusieurs textes législatifs et réglementaires.
Dans la loi des finances de 2020, cette taxe a été dédiée à la Couverture Santé Universelle (CSU). Il faut rappeler que la CSU est une stratégie mondiale qui permet à tous les citoyens, d’accéder sans discrimination aux services de santé de qualité sans encourir de difficultés financières.
La pandémie du COVI19 a montré la nécessité pour les gouvernements d’une part, de renforcer l’efficacité des services de santé et d’autre part d’accélérer la mise en œuvre d’une politique sanitaire préventive et curative telle que la CSU.
Pour le secrétaire général de l’ADC, Daouda Elhadj Adam, « si l’on peut se féliciter de l’effectivité du prélèvement de cette taxe spécifique, force est malheureusement de constater que la rétrocession des taxes prélevées au profit de la couverture maladie universelle n’est pas encore effective ». Les produits de la taxe spécifique de 100fcfa sur les paquets de cigarette constituent un élément essentiel du financement de la CSU sur des ressources internes. La mise en œuvre de la CSU est une promesse du chef de l’Etat inscrite dans son programme politique pour lequel il a été élu en 2016, explique le SG de l’ADC. Et il poursuit c’est pourquoi et fidele à son modèle d’engagement sur le plaidoyer fondé sur le dialogue, l’ADC a jugé nécessaire d’organiser ladite rencontre d’échanges en réunissant les différentes parties prenantes en vue d’échanger sur le sujet ; d’identifier les obstacles et formuler des recommandations pertinentes qui permettront la pleine exécution des dispositions de la loi des finances 2020 au profit de la CSU.
« De par la composition et la qualité des participants, je suis convaincu que nous atteindrons les résultats escomptés pour cette cause noble, celle de sauver des vies humaines » conclu t-il.
Bénédicte Missimadji