Rachat d’ExxonMobil par Savannah Energy : les employés d’Esso Tchad prêt à tout pour entrer dans leurs droitsRachat d’ExxonMobil par Savannah Energy : les employés d’Esso Tchad prêt à tout pour entrer dans leurs droits

User icon Par SABRE NA-IDEYAM

Mécontents que les conditions de leur transfert n’aient pas encore été négociées et non élucidées à cause du blocus actuel des négociations entre les salariés tchadiens, la supermajor américaine ExxonMobil et le gouvernement tchadien, dans les cadres du rachat par Savannah Ennergy des actifs d’ExxonMobil Tchad et Cameroun, les employés ont haussé le ton.

Désireuse d’acquérir les actifs tchadiens d’ExxonMobil, avec qui elle est en négociation exclusive, la junior britannique Savannah Energy (anciennement Savannah Petroleum) n’est pas au bout de ses peines avec les salariés d’ExxonMobil. Malgré que les employés d’Esso Tchad s’opposent virulemment aux conditions actuelles de la cession, et s’étaient mis une première fois en grève fin juin. Leur protestation, pour mémoire, a pris une autre forme fin août où certains ont occupé la piste d’atterrissage de l’aéroport de Komé 5 (sud du pays, à proximité directe du site d’ExxonMobil) pour empêcher une délégation de Savannah Energy d’atterrir. Lors de la conférence de presse ce mardi 28 septembre 2021, ces derniers n’entendent pas baisser les bras, même à un prix fort.

Les employés, disent-ils, de bonne foi, n’entendent pas laisser les négociations entre les deux opérateurs se dérouler en paix tant que la question de leur sort n’aura pas été réglée. Ils jugent la proposition d’indemnité de départ de 1 000 dollars proposée par ExxonMobil bien trop modeste. « Pire, Esso Tchad nous a fait une proposition de paiement d’indemnité de deux mois de salaire comme étant une proposition très généreuse mais aucun autre point de revendications, à part le plan épargne retraite qui est validé, n’est à l’ordre du jour. Nous faisons du surplace », fait comprendre Mme Dahasseal Dekoundou, porte-parole de la délégation du personnel national d’Esso Tchad, malgré que les employés aient concédé à deux points notamment sur le plan médical des employés retraités et celui des employés actifs, dans le seul but que plus tard le nouvel acquéreur va accepter de prendre la convention collective d’entreprise.  

Dans ce deal, la junior britannique espère reprendre 40% de plusieurs gisements des champs de Doba, au sud du pays, qu’ExxonMobil opérait avec Petronas et de la Société des hydrocarbures du Tchad (SHT). Faut rappeler que le rachat comprend aussi une participation de 40% dans l’oléoduc d’exportation entre Doba et le port camerounais de Kribi, utilisé également par Glencore (Caracal Energy) et CNPC. Malgré que les autorités tchadiennes doivent encore valider la transaction, selon les informations que nous disposons, la vente par Esso Tchad et Savannah Energy avance très bien que le premier peut à tout moment vendre.

La Prime de séparation, point de discorde

Elle était question, pour Mme Dahasseal Dekoundou, porte-parole de la délégation du personnel national d’Esso Tchad, selon les années d’ancienneté pour les employés étant donné qu’il y a différente année d’expériences par chaque employés dans la compagnie Esso Tchad. « C’est ainsi qu’après moult tractations, Esso Tchad refuse toute autre proposition que celle qu’elle a faite. Ce qui est considéré comme de l’insulte envers les employés nationaux qui rejettent en bloc la proposition d’Esso », informe-t-elle.

Trois employés  d’Esso Tchad ont reçu le lundi 27 septembre 2021, une mise à pied conservatoire sur l’ensemble de ceux qui ont occupé fin août la piste d’atterrissage. « Nous n’allons pas baisser les bras en laissant les étrangers venir à Komé 5 car il se pourrait qu’il y ait les représentants de Savannah Energy pour la visite des installations afin de vérifier pour valider la transaction », rapporte Mme Dahasseal Dekoundou.