Les raisons du retrait de la confiance du Tchad au directeur national de la BEACLes raisons du retrait de la confiance du Tchad au directeur national de la BEAC

User icon Par SABRE NA-IDEYAM

Le décès du président Idriss Déby Itno, le 20 avril dernier, montre la face cachée de beaucoup de responsables tchadiens. Beaucoup d’entre eux pensaient, à tord, que le pays allait s’embraser. Du coup, des pratiques peu orthodoxes ont été observées dans nombre d’institutions. Ce qui explique le retrait de la confiance du Tchad au directeur national de la BEAC ?

Si la correspondance du ministre des Finances et du Budget, Tahir Hamid Nguilin, ne donne pas assez d’informations sur le retrait de la confiance des autorités de transition au directeur national de la BEAC, Annour Mahamat Hassan, il faut noter qu’un mouvement de fonds suspect d’une grosse somme d’argent de la Société des Hydrocarbures du Tchad (SHT) est à l’origine de la demande des autorités du Tchad. En effet, en date du 5 mai 2021, le ministre du Pétrole et de l’Énergie, Oumar Torbo Djarma, a écrit à tous les directeurs généraux des banques (Ecobank, SG-Tchad, CBT, Orabank, BAC, UBA, BSIC et BHT), de bloquer le compte de la Société des Hydrocarbures du Tchad et de suspendre toutes les opérations en cours. « De ce qui précède, il vous est demandé immédiatement de mettre en exécution les mesures ci-dessous », ordonne-t-il. A la veille de ce courrier du ministre du Pétrole et de l’Énergie, c’est-à-dire, le 4 mai, dans une lettre adressé au gouverneur de la Banque des États de l’Afrique Centrale (BEAC), Abbas Mahamat, le ministre des Finances et du Budget, Tahir Hamid Nguilin, a indiqué que « sur instruction des plus hautes autorités tchadiennes », le Tchad retire sa confiance au directeur national de la BEAC, Annour Mahamat Hassan. Il demande par ailleurs, au gouverneur de la BEAC de prendre les dispositions administratives requises en vue du fonctionnement régulier et normal de l’institution au niveau du Tchad. « J’attends vos propositions de remplacement conformément aux textes en vigueur en la matière », a conclu le ministre tchadien des Finances et du Budget.

Beaucoup de têtes vont tomber

Selon les informations reçues des enquêteurs qui requièrent l’anonymat, un mouvement d’une grosse somme d’argent de la Société des Hydrocarbures du Tchad (SHT) ayant causé le blocage de ses comptes dans diverses banques du pays sont à l’origine. Selon nos sources, un transfert aussi important de fonds ne pourrait être possible sans la connaissance du directeur national de la banque centrale, qui, en temps normal, en cas de suspicion d’un mouvement frauduleux, devrait automatiquement aviser les autorités compétente. Selon certaines sources proches du dossier, Annour Mahamat Hassan, le directeur national de la Banque des États de l’Afrique Centrale pour le Tchad, n’aurait pas dénoncé pas les opérations. Selon nos confrères du quotidien Le Progrès, dans les jours à venir, il faut s’attendre à des arrestations en cascade des responsables de banques, des hauts cadres et autres. « Cette affaire mettra au grand jour beaucoup d’incommodités financières », peut-on lire. Dans beaucoup d’institutions du pays, la panique a gagné les personnes. L’on apprend que la sortie hors du territoire tchadien de certains cadres est strictement interdit afin que lumière soit faite sur cette affaire. La semaine qui va commencer s’annonce décisive.

Sabre Na-ideyam