L’artiste Moussa Aimé  sauvegarde les valeurs culturelles traditionnellesL’artiste Moussa Aimé sauvegarde les valeurs culturelles traditionnelles

User icon Par SABRE NA-IDEYAM

En marge de la restitution du projet de recherche musicale sur les instruments en voie de disparition dans le Barh sara (Moissala), l’artiste Moussa Aimé a fait face aux hommes de médias le 11 juin 2021 à Selesao. C’est l’occasion pour l’un des poids lourd de la musique tchadienne d’expliquez les raisons qui l’ont conduit à faire ce retour aux sources ancestrales.

C’est un Moussa Aimé déterminé et engagé à valoriser, sauvegarder et pérenniser l’immense richesse culturelle du pays de Toumai qui était face aux journalistes. Cette restitution vient clore un bref séjour de l’artiste dans la ville de Moïssala et ses environs dans le cadre des collectes des instruments traditionnels en voie de disparition. Dans cette aventure musicale, plusieurs instruments de musique et styles de musique son répertoriés par l’artiste.
Expliquant le bien fondé de cette création artistique, Maxime Banda, l’administrateur dudit projet a fait remarquer à l’assistance que, le Tchad est un pays de tradition musicale. Pour cela, les artistes doivent recreuser ensuite, innover dans le modernisme afin de s’imposer sur le plan international à travers une musique tchadienne basée sur des histoires puisées sur des réalités du terroir qui constituent un patrimoine culturel pour tous. “A l’heure actuelle où, l’Unesco s’efforce de sauver les patrimoines culturels du monde, il est urgent de sauver les valeurs capitales des connaissances et des culturels humaines accumulées au cours des millénaires par des fragiles monuments qui sont des hommes”, plaide-t-il.
Pour l’artiste Moussa Aimé, c’est le côté de la spiritualité et de l’originalité de la musique qui l’ont poussé à se lancer dans ce travail de recherche. D’abord, tout remonte à 2015 où, lors du séjour de la chanteuse gabonaise Annie Flore Bachelleilys au Tchad et après le partage d’expérience, le désir de redonner à la musique tchadienne son originalité a vu le jour. Enfin, le dernier séjour de l’artiste en Côte d’Ivoire a été aussi un autre élément déclencheur de ce projet. “Récemment, nous étions bloqués en Côte d’Ivoire à cause de la covid-19. Par la suite, nous avons organisé un concert où nous avons sollicités l’appui des instrumentistes ivoiriens pour nous accompagner. Ce sont les musiciens de renom qui accompagnaient des stars de la musique ivoirienne partout pour les concerts. Lors des répétitions, lorsqu’on joue par exemple le saï, ils s’y retrouvent encore puisqu’ils ont des styles similaires chez eux. Mais quand il était question de jouer certains styles du Tchad tels que le Nganja”, le “walbazaka”, le “Gourna”, c’était difficile pour eux. Cela m’a amené à réfléchir et dire pourquoi ne pas mettre en évidence ces richesses”, témoigne-t-il. Vu l’immensité du projet, l’artiste lance un cri d’alarmes envers les mécènes de copier les bons exemples de l’Institut français (IFT) qui a décidé de l’accompagner dans ce projet à la limite de sa capacité.

Ngaradé Ndoolébé Vidal