La politique et la religion : deux notions qui divisent les TchadiensLa politique et la religion : deux notions qui divisent les Tchadiens

User icon Par SABRE NA-IDEYAM

En scrutant le microcosme politique et religieux, l’on se rend compte que beaucoup de Tchadiens adhérent aux partis politiques par conviction religieuse et non politique.

Bien qu’il y ait des pays où la politique est érigée en religion d’État, quand ça touche le domaine politique la distinction est net à ce niveau. Malheureusement au Tchad  on constate un enchevêtrement entre ces deux mots. Il suffit juste de se rendre à un congrès ou une assemblée d’un parti politique à l’approche des élections d’avril prochain qui avancent à grand pas. Si le chef du parti ou le leader investi est musulman ou chrétien, la parure et l’atmosphère n’ont rien d’un parti républicain. Les chants, les danses traditionnelles de son terroir et de sa religion occupent le devant de la scène. Rarement on voit les groupes chocs comme les “fananies” à ces cérémonies si le candidat est du sud. Idem pour certains leaders politiques de la partie septentrionale. Lorsqu’ils organisent une cérémonie, les ballets et autres groupes de danses et les artistes qui doivent mettre le chaud sont quasi absents au podium. Tout ne se limite pas là. Dans la composition de ces différents bureaux des partis politiques, c’est le copinage qui prime. Les vrais meneurs de troupes qui peuvent rendre le parti national ou républicain sont au banc de touche. Ainsi, les novices en politique qui ne connaissent pas plus de deux provinces du Tchad se voient investi d’un pouvoir divin pour dit-on libérer les Tchadiens. Plusieurs courants politiques enseignent que la politique c’est un tout combiné c’est-à-dire la population, l’économie, la santé, l’éducation… En se regardant avec des stéréotypes calqués sur la religion, le programme politique que le candidat a pour le peuple quelque soit sa consistance vole en éclat, simplement par ce que le parti appartient aux chrétiens ou aux  musulmans. Le débat démocratique aussi manque cruellement aux leaders politiques Tchadiens. Pour peu que l’autre soit d’un bord politique n’appartenant pas à sa religion ou province, il est qualifié de tous les péchés d’Israël. Et pourtant, il y a cette liberté de choisir son parti sans les convictions religieuses que les citoyens doivent jouir normalement. Plusieurs compatriotes nordistes sont des victimes collatérales de cette pratique lorsqu’ils partagent une vision commune avec leurs frères chefs de parti politique du Sud et vice-versa. Ce caractère discriminatoire et d’exclusion est aux antipodes des principes d’un pays laïc comme le Tchad. Il est normal de connaitre la personne qu’on veut suivre dans la politique mais brandir son coté religieux pour l’accepter ou pas est un non sens un grand handicap pour la bonne marche de la démocratie. L’unité dans la diversité vaut mieux que la division, sinon le Tchad sera toujours absent quand il s’agit de raconter la belle histoire de la démocratie africaine.

Baoukoula Bienvenu