Gouvernement de transition: Pahimi a réussi son pari de former un gouvernement d’union nationaleGouvernement de transition: Pahimi a réussi son pari de former un gouvernement d’union nationale

User icon Par SABRE NA-IDEYAM

Le premier ministre de la transition Pahimi Padacké Albert, a dévoilé la liste de son gouvernement transitoire hier 2 mai 2021. Un gouvernement composé de 40 membres dont 9 femmes et plusieurs ministres de l’ancien gouvernement reconduits.

Le gouvernement d’union nationale vient d’être nommé par Mahamat Idriss Deby Itno sur proposition du premier ministre, par le décret n° 006/PCMT/PMT/2021. Il est composé de 40 membres dont 9 femmes.
Si l’opposition radicale (ndlr: Undr et Pld) notamment est présente, l’on note l’absence notable du Mouvement Les Transformateurs de Dr Succès Masra,qui poursuit sa logique de jusqu’au-boutisme.
C’est un gouvernement de large ouverture qui répond aux souhaits de nombreux tchadiens qui veulent rompre avec le passé en impliquant toutes les compétence à la gestion de la chose publique. Pour ce faire, de nouveaux postes ont été créés notamment celui du ministère tant attendu en charge de la réconciliation nationale et du dialogue confié au diplomate et ancien conseiller à la présidence, Acheikh Ibni Oumar, qui a rang du ministre d’Etat. Un poste clé dans ce gouvernement qui a justement pour rôle de préparer dans un bref délai, une assise importante permettant aux fils du Tchad de se parler afin de regarder ensemble vers l’avenir. Sans surprise, le portefeuille de la diplomatie est confié à Cherif Mahamat Zène qui a déjà occupé ce poste sous Deby père. Tout comme Dr Abdoulaye Sabre, Tahir Hamid Nguilin, Issa Doubragne, Routouang Mohamed Christian, Amina Priscille Longoh entre autres qui ont été reconduits à leurs anciens postes. Ce gouvernement d’union nationale a comme porte parole, Abdraman Koulamallah, l’ancien conseiller du Président Deby. Là où Pahimi a réussi son pari, est celui de l’adhésion de plusieurs membres de l’ancienne opposition dite radicale qui font également partie du gouvernement. L’on note surtout le retour au gouvernement du radical SG du PLD, parti du Professeur Ibni Oumar Mahamat Saleh, l’ambassadeur, Mahamat Ahmat Alhabo, qui occupe désormais le poste de ministre de la justice, un strapontin qu’il a déjà occupé sous Idriss Deby Itno. L’UNDR de Saleh Kebzabo fait également son come-back au gouvernement avec Abderahim Awat Ateib propulsé ministre de l’Elevage. On note aussi la présence de Mahamat Lazina président du mouvement national pour le changement, à la tête du département de l’environnement et de la pêche, pour ne citer que ceux là. L’unique femme candidate à l’élection présidentielle dernière Mme Lydie Besseamda se voit confier la lourde tâche de gérer le ministère de l’enseignement supérieur, de la recherche scientifique et de l’innovation. Les alliés du MPS, l’ancien parti au pouvoir ont également eu leurs places. A ce titre, M. Ali Djadda Kampard membre du RDP occupe le département du commerce et de l’industrie…

Le défi à relever est immense


Pahimi et ses collaborateurs ont la lourde responsabilité de gérer la période de la transition, en raison de la crise actuelle que traverse le pays suite au décès du Maréchal du Tchad, de manière apaisée, responsable et de préparer la tenue prochaine d’un dialogue national inclusif pouvant réunir les filles et fils du Tchad pour écrire une nouvelle page de l’histoire d’un Tchad nouveau,engagé résolument sur le sentier de la paix et du développement. Une mission qui n’est pas si simple, mais pas impossible. La preuve est que des opposants irréductibles qui avaient toujours refusé de saisir la main tendue du Maréchal du Tchad ont accepté aujourd’hui de s’engager pour une transition réussie. Il est temps pour que les enfants du Tchad se retrouvent comme en 1993 pour parler de leurs problèmes et d’envisager le retour à la vie normale de la nation, mieux, préparer un avenir meilleur pour le Tchad. Pour se faire, il faut une réelle volonté politique de tous les acteurs engagés dans ce processus en mettant de côté les intérêts politiques et personnels pour conduire le pays à bon port.

Un gouvernement diversement apprécié


La nomination du gouvernement déjà attendu, suscite des nombreuses réactions tant dans les carrefours que sur les réseaux sociaux. Si d’aucuns trouvent que le gouvernement est représentatif de toute la classe politique et qu’il faut féliciter le Premier ministre et le Président de la République pour ce coup de maître et faire confiance en cette équipe pour relever les nombreux défis de la transition, d’autres sont sceptiques et pensent qu’on a fait du neuf avec du vieux. Pour une raison ou une autre, Ils bottent en touche certains ministres de l’ancienne équipe reconduits dans le gouvernement de transition.


Tôt pour les féliciter?


Sur internet, les félicitations envers les nouveaux membres du gouvernement ont commencé à pleuvoir depuis hier nuit, comme à l’accoutumée. Mais n’est-il pas tôt pour féliciter ces hommes et femmes qui sont choisis pour accomplir une tâche délicate, celle de faire sortir le pays de sa situation actuelle? Plus que des félicitations, ils ont besoin de la bénédiction de tous les tchadiens afin qu’ils puissent réussir cette mission, on ne peut plus complexe, tant les défis à relever sont nombreux.


Mahamat Kally