Enquête: corruption et népotisme au lycée technique commercial de N’Djamena (LTC)Enquête: corruption et népotisme au lycée technique commercial de N’Djamena (LTC)

User icon Par SABRE NA-IDEYAM

Au lycée technique commercial de N’Djamena qui est une école de référence en matière d’enseignement technique et commercial, les élèves qui n’ont pas passé le concours trouvent leurs noms dans la liste d’amis. Miracle ? Non. C’est par la culture de la corruption et du népotisme qui se cultivent dans cette école jadis réputée.

En effet, pour pouvoir s’inscrire au LTC, les élèves sont tenus de passer un concours en début d’année académique. Les élèves ayant réussi à ce test auront le droit de s’inscrire en signant une lettre d’engagement portant sur le respect du règlement intérieur de l’école. C’est l’hôpital qui se moque de la charité sinon comment une école qui elle-même ne respecte pas le règlement puisse demander aux élèves de le faire ? Et là où le bât blesse, certains élèves n’ont pas besoin de faire le concours. D’autres, même s’ils le font, ils n’ont pas besoin de valider les épreuves. Car tout simplement, il suffit d’engraisser les pattes aux responsables de l’école pour qu’ils soient admis à s’inscrire au lycée.

  1. 000 FCFA, c’est la porte d’entrée

Initialement, le lycée technique commercial est une école publique. Des sommes forfaitaires sont à payer pour le concours. Une somme n’excédant pas les 15.000 FCFA. Mais ces 15.000 ne garantissent cependant pas pour ceux qui voudraient y avoir accès en respectant les normes des choses. Il suffit donc de payer 50.000 FCFA aux responsables de l’école pour que l’affaire soit réglée sans avoir à démontrer sa capacité à tenir les cours. Dans le bureau du secrétariat, pendant qu’un secrétaire reçoit les dossiers et autres courriers, un autre vous accueillera en vous indiquant les démarches à suivre si vous voulez que votre enfant soit inscrit sans avoir à passer le concours. 50. 000 plus les dossiers de l’élève comportant des bulletins, acte de naissance, copie de BEF, deux photos, entre autres. Cette pratique se fait en complicité des premiers responsables de l’école.

Proches, amis et connaissances

Et à cette pratique de corruption, s’ajoute le népotisme. Les responsables de l’école font passer leurs enfants ou les enfants de leurs amis ou connaissances de manière frauduleuse. Et il faut noter qu’à chaque fois qu’un élève est admis par la corruption ou le népotisme, un autre élève est injustement disqualifié, même si ce dernier a tous les mérites d’être admis. Ainsi l’avenir des plusieurs enfants tchadiens désirant poursuivre leurs études dans ce lycée est compromis par la faute de cette pratique mafieuse qui gangrène cette école. Cette culture de corruption et de camaraderie laisse également place à la délinquance des élèves. Un élève qui atterrit par des longs bras se croira permis de tout faire. Pour lui, tout peut se régler grâce aux billets d’argent ou grâce à l’intervention des parents. Ceci laisse également place aux notes de classes qui se monnayent. Si on peut entrer par la fraude, rien ne nous empêchera aussi de réussir frauduleusement.
Nous interpellons donc à travers ces révélations, les autorités compétentes à prendre toutes les mesures nécessaires pour sanctionner ces pratiques dangereuses qui n’honorent pas ce métier noble, celui de l’enseignement. Car pour que le pays amorce son développement et entre dans le concert des nations émergentes, il nous faut des cadres, techniciens, ingénieurs et autres, qualifiés et bien formés.
Ces pratiques sont légions dans beaucoup d’écoles où la culture de l’excellence et le mérite sont enterrés au détriment des billets de banque. On recrute donc au lieu des têtes bien faites, des cancres mais qui ont la poche pleine de liasse de billets. Et cet état de fait est l’une des causes du retard du pays en matière de l’éducation. La baisse de niveau tire sa source de ce genre de comportements qui entrave le développement du Tchad. Une nation ne pourra être émergente sans des cadres bien formés. L’effort du gouvernement en matière de l’éducation ne doit pas être multiplié par zéro par la faute des administrateurs véreux et corrompus.

A la prochaine pour une autre enquête.

Mahamat Kally