Dans le Mandoul: un collectif des jeunes interpelle Idriss Déby Itno sur des maux qui minent leur localitéDans le Mandoul: un collectif des jeunes interpelle Idriss Déby Itno sur des maux qui minent leur localité

User icon Par SABRE NA-IDEYAM
A la veille du passage du Maréchal du Tchad, Idriss Déby Itno à Koumra, dans la province du Mandoul où il aura des séances de discussions avec les autorités provinciales, les jeunes de ladite province, réunis sous un collectif de développement ont tenu à l’interpeller par une lettre ouverte sur un certain nombre de questions notamment, de développement local, du conflit agriculteurs-éleveurs, de manques de structures d’insertion professionnelle et des infrastructures de base, de traite d’être humains.
Une vue de la ville de Koumra, province du Mandoul. Ph/DR

A la veille du passage du Maréchal du Tchad, Idriss Déby Itno à Koumra, dans la province du Mandoul où il aura des séances de discussions avec les autorités provinciales, les jeunes de ladite province, réunis sous un collectif de développement ont tenu à l’interpeller par une lettre ouverte sur un certain nombre de questions notamment, de développement local, du conflit agriculteurs-éleveurs, de manques de structures d’insertion professionnelle et des infrastructures de base, de traite d’être humains.

D’abord, les jeunes réunis sous le Collectif des Jeunes pour le Développement du Mandoul (COJEDEM) ont tenu à rappeler au Maréchal du Tchad, que la province du Mandoul qui s’étend sur une superficie de 17 700 km2 avec une population de 628 065 habitants, selon le recensement de 2009 (Ndlr, RGPH2 2009), est composée de 61,1% de jeunes de moins de 20 ans mais que malheureusement, l’incidence de la pauvreté dans cette province reste élevée, (Ndrl, 70% selon ECOSSIT 3, 2013) faisant de leur province la plus pauvre du pays. « La moyenne nationale est de 46,7% », note avec regret Delaville Sewingar Djimyabaye, vice-président du Collectif des Jeunes pour le Développement du Mandoul (COJEDEM).

L’éternel conflit agriculteurs-éleveurs

Alors que ces deux activités (agriculture et l’élevage) sont deux principales mamelles de l’économie tchadienne, dans la province du Mandoul, par contre, informe le vice-président de COJEDEM, l’exercice de ces deux vitales activités économiques est source de malheur. Pour les jeunes du Mandoul, chaque année, les deux communautés qui, jadis vivaient en parfaite harmonie, assistent impuissantes au décompte macabre des morts imputables à ce conflit. Le nombre de veuves et d’orphelins ne cesse de croitre, laissant des cœurs meurtris, regrettent ces derniers.  Des comportements peu orthodoxes de certaines autorités locales sont décriés par le COJEDEM.

Manque criarde d’infrastructure d’insertion socioprofessionnelle

Les jeunes de la province du Mandoul ont saisi aussi l’opportunité pour informer le Maréchal du Tchad, Idriss Déby sur la question de chômage et du sous-emploi qui frappent disproportionnellement le Mandoul. Pour Delaville Sewingar, la province du Mandoul compte un nombre incroyable de jeunes hautement diplômés, sortis des universités et instituts sous-régionaux et nationaux. Mais qui sont tous ou presque défavorisés sur le marché du travail. « La désillusion croissante et les frustrations accumulées durant des années d’oisiveté, font de ces jeunes des citoyens sans perspectives d’avenir et des potentiels candidats à la déviance », regrette-t-il avant d’interpeller le Maréchal du Tchad à consolider les écosystèmes de l’employabilité et d’accompagnement des jeunes par des emplois durables et de l’entreprenariat qui pourraient favoriser leur insertion.

La traite des êtres humains, une punaise dans la province

Pour le COJEDEM, la province du Mandoul est un véritable terreau des trafics de tout genre, allant des enfants bouviers aux travailleurs des mines d’or. Dans cette province, les jeunes sont la cible privilégiée des bandes criminelles qui recruteraient, avec la complicité de certaines autorités, des bras valides soumis à toutes tâches. « Tout cela se passe dans l’indifférence flagrante des autorités judiciaires en dépit de nos multiples alertes », informent les jeunes du Mandoul. Pour eux, malgré tous leurs efforts, le trafic des jeunes hommes dont des mineurs, continue allégrement au mépris des lois et des conventions internationales en la matière dont le Tchad est signataire. « Ces pratiques constituent l’une des causes du sous-développement de notre province », ajoute Delaville Sewingar Djimyabaye.

Le COJEDEM conclut en interpellant les plus hautes autorités de la province sur la question des infrastructures routières. Province à vocation agricole par excellence, selon les jeunes du Mandoul, l’écoulement des denrées alimentaires vers les centres urbains est un parcours du combattant en raison du piètre état des pistes rurales. Ils rappellent le bilan macabre du pont de Doro, sur l’axe reliant Koumra à Moissala, baptisé « pont de la mort », qui, en moins de trois ans, a fait plus d’une trentaine de morts.

S.N