Conséquences des inondations à N’Djaména: le difficile recasement des sans abrisConséquences des inondations à N’Djaména: le difficile recasement des sans abris

User icon Par SABRE NA-IDEYAM
Les pluies diluviennes de ces dernières semaines à N’Djaména ont fait de nombreux sans abris. Ph/DR

Les dégâts et conséquences des grosses pluies qui s’abattent sur N’Djaména depuis quelques semaines restent palpables. Les inondations ont engloutie des maisons et  ont fait écrouler d’autres. De nombreuses familles sont sans abris. Elles ont trouvé refuge dans des écoles et églises entre autres.

Le site abritant la basilique en construction au quartier Habbena dans le 7ème arrondissement, le lycée de Walia dans le 9ème arrondissement, Toukra, Farcha etc. sont les endroits aménagés par le gouvernement pour repositionner provisoirement les sinistrés après les inondations. A Walia dans le 9ème  arrondissement où nous nous sommes rendus, au moins 600 ménages ont trouvé refuge dans cet établissement scolaire. Ces victimes des inondations vivent  dans ces locaux depuis plus de deux semaines dans des conditions pitoyables et alarmantes. La souffrance a atteint son paroxysme dans ce site. Exposés aux intempéries et aux moustiques, ces déplacés vivent un calvaire sans précédent. Contraints à la promiscuité, ils craignent et  ont peur des maladies telles que le paludisme ou le choléra qui peuvent à tout moment se déclencher. Plusieurs sinistrés que nous avons approchés déplorent leurs conditions de vie et se voient abandonner par les autorités. « Depuis que nous sommes arrivés dans ce site, nous ne sommes pas encore satisfaits, les conditions de vie sont très difficiles, nous n’avons ni eau, ni nourriture, ni couvertures, moins encore de moustiquaires. Cela fait déjà presque dix(10) jours que nous sommes là avec des femmes et des enfants et nous n’avons pas de quoi manger, nous souffrons énormément »,nous confie Baki Yerima, un sinistré par ailleurs, chef de ménage ayant à sa charge six (6) enfants et une femme. Un responsable de la Croix-Rouge que nous avons rencontré non loin de ce site dit avoir pitié de ces victimes qui font face à nombre d’intempéries. « Cela fait déjà six jours que j’ai commencé à voir ces sinistrés  et  nous avons compris que la population du 9e arrondissement souffrent énormément. Ces sinistrés que vous voyez sont exposés à tout le risque possible car, ils ne bénéficient d’une bonne prise en charge. Alors qu’ils sont plus de 600 ménages, même s’ils ont reçu 100kits alimentaires de la part du gouvernement. Comment allons-nous repartir ces kits entre toutes ces personnes ? Il faut que le gouvernement prenne ses responsabilités », déplore Amon Aboubakar, le Secrétaire Général de la croix rouge départementale du 9earrondissement. Entre temps, un concitoyen que nous avons rencontré non loin du site, fustige le comportement de certains sinistrés qui à défaut du gaz butane, se rivent sur les tables-bancs pour la cuisson. « Nous assistons depuis l’installation de ce site au sein de ce lycée à un acte de vandalisme. Les sinistrés cassent des tables bancs pour les transformer en fagot  afin de préparer à manger. Nous avons tenté les raisonner mais hélas, ils nous ont fait comprendre que ces tables bancs appartiennent à l’État donc, ils vont utiliser comme bon leur semble », témoigne Sylvestre, un ancien élève dudit lycée. Il faut soulever que le comble de tout ça, cet acte incivique de ces victimes de l’inondation se passe sous le regard complice des forces de l’ordre qui assurent la sécurité dans ce site. Des sinistrés ne cessent de se plaindre de la distribution des vivres sur leur site à Walia. Ils accusent les responsables de la commune du 9ème arrondissement d’enregistrer dans les quartiers des gens qui ne sont pas touchés par des inondations pour leur donner des vivres, couvertures et moustiquaires alors que les vrais bénéficiaires ne trouvent rien s’alarment-t-ils.

Même calvaire dans d’autres sites

Il y a des milliers de personnes au niveau du commissariat du 9e arrondissement et voire tous dans les autres arrondissements de la ville. La situation est vraiment alarmante. Avec ce manque de vivres et les conditions sanitaires et aussi la question de sécurité, le gouvernement est indexé pour voler au secours de la population. La reprise des classes est également  prévue pour le 1er octobre prochain alors que bon nombre d’enfants sont à la merci de Dieu sans aucune préparation et les conditions de vie ne leurs permettent pas d’être  à la page pour cette rentrée scolaire vu qu’ils se trouvent dans des camps de sinistrés. Également plusieurs écoles sont occupées par des sans abris. D’autres sont entrain d’être aménagés à Toukra dans le 9ème arrondissement pour le recasement des sans abris. Entretemps, le niveau des eaux monte dans les quartiers car les grosses pluies continuent de tomber sur la capitale.