Commerce à la sauvette: la vente du carburant a le vent en poupe à N’DjaménaCommerce à la sauvette: la vente du carburant a le vent en poupe à N’Djaména

User icon Par SABRE NA-IDEYAM

L’arrêté 07-173/M/SG du 11 Septembre 2007 fait mention de l’interdiction formelle de la vente informelle du carburant dans les rues de la capitale tchadienne. Mais, force est de constater que sur les différentes artères de la ville, cet arrêté n’est pas mis en application. 

La vente clandestine du carburant a le vent en poupe dans la capitale tchadienne. Sur les bordures des rues de la ville, dans les marchés, devant les boutiques et autres espaces publics, se vend le carburant dont la qualité est parfois remise en cause par des usagers. Ce carburant appelé « carburant à bon prix » par les consommateurs provient des pays frontaliers (Cameroun, Nigéria, Soudan ou Libye) au détriment de celui produit localement. Adoum Moussa un consommateur habitué de ce carburant justifie. « Le carburant acheté chez les vendeurs ambulants coûte moins cher que celui de la pompe dans les stations-services, par exemple. Si le prix affiché à la pompe est de 600 FCFA pour un litre cela signifie qu’un litre et demi nous revient à 900Fcfa alors que chez ces derniers un litre et demi nous revient à 750 FCFA pour 500 Fcfa le litre. C’est bénéfique pour nous les clandomen et taximan » raconte un conducteur de taxi. Pour ce faire les vendeurs apportent avec eux le matériel nécessaire notamment un entonnoir et un tuyau pour permettre de tirer le liquide du bidon à l’engin. « Ces carburants nous viennent du Nigeria et nous nous approvisionnons au niveau de la frontière du Tchad à Kousseri ou encore au quartier Farcha. », nous confie une vendeuse d’essence au marché de Diguel.

La qualité diversement appréciée

De nombreux consommateurs trouvent que le carburant vendu à la sauvette leur revient moins cher mais ils estiment que sa qualité est douteuse. « Parfois, ils mélangent avec de l’eau. Ce qui bloque parfois nos moteurs. J’ai acheté 5 litres sur l’axe reliant le rond-point Gazelle au rond-point Hamama mais malheureusement à quelques de ma destination, le moteur s’est arrêté. C’est le mécanicien qui m’a fait comprendre que le carburant était de mauvaise qualité » témoigne dans un air furieux un automobiliste. « Ma moto a failli prendre feu un jour en pleine circulation. J’ai pu éviter de justesse. J’ai dû amener au garage et le mécanicien m’a dit que c’est la qualité du carburant qui est mélangé avec un autre produit inflammable » regrette un jeune clandoman à Diguel.

Les mesures prises par les autorités

Il y a quelques années, la mairie de N’Djaména a interdit la vente du carburant dans les rues. Les forces de l’ordre et la police municipale étaient mises à contribution pour faire appliquer cette décision et enrayer le phénomène. Le motif avancé par la commune était que la vente clandestine du carburant constitue un frein à l’économie. Une opération qui n’a pas duré deux semaines et revoilà les vendeurs de carburant à leur place habituelle. Et l’activité continue son bonhomme de chemin.