Bras-de-fer entre Esso Tchad et ses employés : une perte de presque 2 milliards de francs CFA observée par jourBras-de-fer entre Esso Tchad et ses employés : une perte de presque 2 milliards de francs CFA observée par jour

User icon Par SABRE NA-IDEYAM

Le bras-de-fer opposant Esso Tchad à ses employés, relatif à la vente annoncée des actifs d’ExxonMobil au Tchad et au Cameroun, au profit de la société Savannah Energy, est loin de trouver une solution. Une grève illimitée a été déclenchée le 25 juin 2021, par des employés d’Esso Tchad, à N’Djaména et à Komé, induit approximativement une perte journalière de 2,5 millions de dollars américains, soit environ 1,5 milliards de francs CFA.  

Ce sont des employés très déterminés que l’on a trouvé à la bourse du travail de N’Djaména ce 8 juillet 2021. Face à la presse, l’ordre du jour est : éclairer l’opinion nationale et internationale sur la situation qui prévaut actuellement au sein de la société Esso Tchad relative à la vente annoncée, le 2 juin dernier, des actifs d’ExxonMobil au Tchad et au Cameroun à la société britannique Savanah Energy. Point de discorde d’Esso Tchad et ses employés nationaux, les modalités de séparation avec Esso articulées autour de six (6) points clés, motivés par la décision de commercialisation des actifs d’Esso Tchad à Savanah Energy. Les employés nationaux, eux, revendiquent de leur employeur, Esso Tchad, le paiement intégral de leurs contributions épargne retraite (part employé et employeur plus intérêts générés). Pour le comité de négociation des employés nationaux d’Esso, ce paiement intégral de leurs contributions épargne retraite fait même intégralement l’objet d’une provision dans les livres de leur employeur, Esso Tchad. Le deuxième point de revendication, c’est le paiement d’une prime de séparation pour les bons et loyaux services rendus en termes de meilleurs résultats réalisés par les employés aussi bien financiers que dans le domaine de sécurité au travail tout au long de ses plus de 18 ans de production de l’or noir au Tchad. Aussi, les employés d’Esso Tchad revendique le paiement du solde tout compte, puis une assurance maladie internationale. Le cinquième porte le remboursement des soldes de crédits des employés et enfin, le sixième et dernier point de revendication qui porte sur la convention sanitaire pour les retraités d’EEPCI. Ce sont ces six (6) point à l’origine du bras-de-fer entre Esso Tchad et ses employés.

Pour les employés nationaux d’Esso Tchad, étant prévisionniste, ils avaient voulu à plusieurs reprises insérer la disposition liée à la vente et les modalités de compensation dans la convention collective d’entreprise, mais cela n’a jamais été accepté par leurs employeurs. La dernière tentative, en février dernier. “Un mémorandum traitant exclusivement cet aspect a été adressé à la direction générale d’Esso Tchad en date du 14 août 2019 mais il est resté sans suite“, défend le comité de négociation.

La réaction d’Esso Tchad aux employés

Pour les six (6) points de revendications des employés nationaux, la direction d’Esso Tchad estime qu’elles sont illégitimes. Toutefois, informe le comité de négociation des employés nationaux, suite à l’intervention du gouvernement, le personnel a suspendu son premier préavis de grève pour reprendre les négociations en présence des représentants des ministères du Pétrole et du Travail. “Malgré la présence du gouvernement, la direction d’Esso Tchad n’a proposé que le paiement de nos propres contributions représentant 50% de notre épargne retraite et ce, à condition de renoncer à tous les autres points de revendications et de rencontrer les représentants du nouvel acquéreur, en occurrence la société Savanah Energy“, explique le comité de négociations. Ce que l’Assemblée générale des employés a rejeté catégoriquement, entrant en grève illimitée jusqu’à satisfaction des points de revendications. Alors que les revendications sont toujours en cours, la représentante de la direction d’Esso Tchad a préféré prendre congé laissant son adjoint sans mandat de négociation des points de revendications. Le comité indique rester ouvert à tout dialogue tout en déplorant la prise de position de certains membres du gouvernement autorisant la direction générale d’Esso Tchad, sur demande à procéder à la réquisition du personnel occupant des positions clés, sans toutefois considérer ni prendre le temps d’écouter la version du personnel national.

Sur le terrain, à Komé, la grève des nationaux perturbe les activités, surtout la production. Le démarrage des machines, notamment les générateurs compliquent les employés internationaux, obligés de solliciter l’aide des nationaux, qui acceptent le travail, “par constat d’un huissier et par bonne volonté“.

Sabre Na-ideyam