Au Lac Tchad : 950 incidents de protection en huit moisAu Lac Tchad : 950 incidents de protection en huit mois

User icon Par SABRE NA-IDEYAM

La situation humanitaire dans la province du Lac est toujours marquée par des déplacements de population, des incidents de protection et des problèmes d’accès humanitaire pour les populations vulnérables.

950 incidents de protection ont été rapportés de janvier à août 2021, dont 112 uniquement pour le mois d’août 2021. Des cas d’enlèvements,
parmi lesquels les enlèvements contre rançon, homicides et meurtres, causés essentiellement par les Groupes Armés Non Etatiques (GANE), ont été enregistrés ce même mois. De plus, 131 cas de violences basées sur le genre (VBG), dont trois viols, ont été enregistrés au mois de juillet 2021. Les cas de criminalité et de vol dans les résidences, affectant la population locale et les humanitaires, deviennent récurrents dans la ville de Bagasola.

Sur le plan sanitaire, les Etats frontaliers de la province du Lac, le Nigeria et le
Niger, ont notifié des cas de choléra : bien qu’aucun cas n’a été formellement notifié à ce jour, la vigilance reste de mise. A cela, s’ajoutent les conséquences liées au changement climatique sur les situations d’insécurité alimentaire et nutritionnelle.

Les derniers chiffres des déplacés internes fin juin 2021 s’élèvent à 402 703 personnes. Cela représente 61% de la population de la province, soit 657 000 personnes, ainsi qu’une augmentation des déplacements internes de 136% depuis janvier 2020, quand leur nombre s’élevait alors à 170 000. On recense 549 000 personnes dans le besoin, soit 80% de la population totale. Les zones les plus affectées par les incidents restent les zones insulaires entre
Ngouboua, Kangalam et Kaiga-Kindjiria. Par ailleurs, on observe depuis quelques mois une recrudescence des conflits intercommunautaires dans la province avec huit affrontements signalés entre janvier et août 2021
ayant entraîné huit décès, 18 blessés et 461 personnes déplacées. Au mois d’août 2021, les affrontements intra-communautaires d’origine foncière auraient fait huit blessés dans la localité de Layrom. L’accès à la terre agricole et aux zones de pêche se trouvent souvent au cœur de ces conflits.